Écrire sous l’eau – workshop avec l’École d’art et de design de Nancy

Du 16 au 18 novembre 2020, j’ai eu le plaisir d’intervenir auprès des étudiants de l’ École nationale supérieure d’art et de design de Nancy dans le cadre de leur semaine de workshops à distance.

Ensemble, on a essayé d’écrire sous l’eau (dans toutes les acceptions que l’expression peut revêtir), avec des mots et des images, des mots sur des images, des images dans des mots, et inversement.

C’était intense, riche en échanges, et je renouvellerai l’expérience avec plaisir.


Détails de la proposition, inspirée de l’un de mes projets en cours :

Écrire sous l’eau, workshop d’écriture créative à destination des étudiants de l’Ensad Nancy,

Quelque part en juillet, au large du Havre, O. me parle des épaves qui gisent au-dessous de nous. Un jour, il a pêché un bout d’avion, et des années après ça n’avait toujours pas rouillé. Moi, ce matin, j’ai repêché un appareil photo, enfin, repêché c’est un bien grand mot, je l’ai trouvé à marée basse dans une flaque sur la plage, au-delà du bout du monde. C’est un vieux boîtier argentique Kodak, avec son film encore lové à l’intérieur comme un enfant dans sa serviette à la sortie du bain, et j’espère que ça n’aura pas rouillé non plus, que la pellicule pourra être développée, même s’il faut d’abord l’envelopper dans un plaid, la frotter, la réchauffer, l’essorer dans un panier à salade, tordre le négatif jusqu’à le faire pleurer, extraire la mer mais en laisser encore un peu, quelques traces, pour conserver un souvenir de l’eau salée. Alors peut-être que l’image pourra être sauvée, ou restera blanche, comme une image fantôme. Le sel a sa propre mémoire.

Comme point de départ,

des images bleues

à demi effacées

coupées en deux

et la question suivante : comment explorer la notion de trace dans l’eau, par essence lieu flou, mouvant, fluctuant ?

Documenter, superposer, plonger images et textes dans l’eau, laisser l’écume et le sel construire une archive de la trace. Chercher, par l’écriture de l’image, la forme de l’eau.

À partir de cette notion de « mémoire de l’eau » et d’un corpus photographique, nous avons plus largement exploré le rapport texte / image, comment l’image informe le texte et comment le texte fragmente, recompose, déploie et renouvelle l’image.

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